Tanka (α)
dans les Jardins de l’amour
j’embrase vos yeux
un Ange enflammé des Cieux
illumine un Soleil d’or
Le Soleil se levait, un lever si banal,
Tous les jours il renaît, notre géant fanal ;
Et moi qui contemplais son immuable cercle,
Je restais prisonnier du céleste couvercle.
Depuis tôt le matin jusqu’au soir idéal,
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal* — (suite…)
À la petite Étoile du matin,
amoureuse du Soleil endimanché
Le Soleil a enfilé ses habits du dimanche au saut du lit ce matin. Il se pavane maintenant dans les rues grises d’une petite ville toute grise, elle aussi, mais qui soudain se réveille de sa nuit de rêves, s’éclaire en secouant au loin la chape blafarde de la pleine lune qui s’était subitement abattue sur elle et reprend rapidement les couleurs de sa vie quotidienne. Oh, des couleurs bien ordinaires, des couleurs de chez nous, toutes simples, bleues, jaunes, rouges et vertes, mais elles sont belles quand même, ces couleurs… vous les voyez ? (suite…)
(Aux zami⸱e⸱s les Zèbres…)
Une étoile de feux couronne le Poète —
Des Muses les rayons, d’Apollon le laurier
Auréolent son front d’éblouissant esthète,
Que les dieux pour son art se prennent à prier.
Dès le berceau, déjà, le génie le courtise, (suite…)
Répands ton or, Κροῖσος, enrichis l’Univers !
Je suis le Demi-dieu qui combat les rebelles,
Mais qui lutte en douceur pour les yeux des plus belles —
Avec l’arme d’Éros, je pénètre les cœurs
Dans l’alcôve des Cieux, l’idéal Champ d’honneur ! (suite…)