Deux murs
On dirait deux murs qui se parlent. On aura tout entendu.
Deux grilles d’emprunt, deux personnes fractionnées, dont chacune est aliénée dans l’altérité absolue de ce qu’elle rapporte, sans originalité, mais fidèle en mémoire aux mots sécrétés par d’autres cerveaux qu’ils auront lus ou entendus… et déformés. Pour faire image, deux livres qui discutent entre eux, sauf qu’ici nous les entendons. Curieux phénomène que ces deux livres qui ont perdu quelques chapitres en cheminant…et beaucoup de sens.
Chacun ne cherche-t-il pas ici la dominance !? Allez, soyons francs ! D’autres ont connu ces états, ces débats vains et stériles, que du psittacisme, d’autres ne sont pas nés de la dernière pluie, d’autres s’amusent bien aussi à assister au combat stérile de deux systèmes nerveux en quête d’équilibre homéostatique pour ne pas sombrer dans la folie propre à toute l’espèce humaine, quel que soit le nom qu’on donne à cette folie. Mais fuyez, fuyez toujours, soyez créatifs, cependant, inventez votre propre langage. L’ère du mimétisme tire à sa fin.
L’inconscient tire les ficelles, alors que la conscience suit la danse des marionnettes, peut-être le spectacle sera-t-il convaincant ? Mais attention aux abîmes définitifs. Ou fuir, mais où fuir ? Qui peut échapper à lui-même ? ou aux autres, ce qui est tout un, puisque les autres, et soi, ne seront toujours qu’une représentation, qu’un agencement générique de schémas neuronaux plaqués tels quels sur ce que l’on croit être l’image réelle d’autrui, ou de soi, mais qui est encore loin d’être une image stable et originale. D’ailleurs, est-ce possible ? Alors, fuyez encore et toujours…
« Il faudra [cependant] éviter l’affrontement, car de ce dernier surgirait forcément une échelle hiérarchique de dominance et il est peu probable qu’elle puisse satisfaire, car elle aliène le désir des autres à nos propres désirs. » – Elle aliène et ne parvient qu’à figer la vie.