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Quel ne fut pas l’étonnement de William Wilson (votre humble serviteur en personne) quand il se remémora au matin un rêve singulier d’une nuit intensément agitée où son double, William Wilson, bien connu des connaisseurs, lui annonça, de sa voix chuchotante caractéristique et reconnaissable entre toutes, lui annonça, dis-je, le retour tant attendu de la Perle bleue, jadis perdue dans le monde étrange de la Réalité.

William, William, lui chuchotait William, de sa voix toujours aussi chuchotante et à peine éraillée du matin, bonne nouvelle ! Un élève du Stoke Newington School, ce grand dadais de Small, aurait retrouvé la Perle bleue, ou du moins une pierre mystérieuse qui lui ressemblerait comme deux gouttes de rosée et qui serait aussi magique que la vraie Perle bleue — c’est ce qu’aurait laissé entendre en tout cas notre cheffe enseignante bien-aimée, Mrs Jaffer.

William, lui dis-je d’un ton énervé, veux-tu bien cesser de faire semblant de m’imiter et viens-en au fait ! Je n’ai pas que ça à faire, moi, d’écouter les sornettes d’une pâle imitation de moi-même… Comment, comment, répliqua William, pâle, moi ? Je regrette, mon cher, si je suis pâle, comme tu dis, ce qui est d’ailleurs faux, c’est parce que tu l’es toi-même ! et que par conséquent tu ne l’es pas et moi non plus puisque c’est faux (QED).

Ce pâle imitateur du vrai William, l’autre William, continua ses explications entortillées : oui, William, Small l’aurait retrouvée par hasard dans le casier ouvert du grand dadais de Short qui s’était perdu dedans en cherchant Small qu’il croyait égaré dans un autre casier ! Selon ses dires, la Perle bleue rayonnait de ses rayons étranges, magnifiques, célestes, divins, transcendants, innommables, incroyables et pourtant… Bon, ça va, répliqua William, j’ai compris, elle est toujours aussi magique, pour résumer… (il me prend pour un bêta, ce William…)

Mais hélas, à ce moment précis de leur fraternel entretien, William disparut comme par magie, et il disparut tellement que William ne put plus l’apercevoir, ce qui est très dommage, car nous commencions à peine à croire à la véracité de ce palpitant récit fantastique et absurde ! Mais, qu’à cela ne tienne, dès que moi, William (ne vous trompez pas, c’est bien moi et non l’autre, le pâle imitateur), j’aurai des nouvelles de notre Perle bleue si mystérieuse, vous serez les premiers, chers poètes et poétesses Un.e. Tel.l.e (ça fait bien des points, n’est-ce pas, mais que voulez-vous, c’est la mode… [tiens, encore trois points si vous en raffolez…]) les premiers, donc, à être mis au courant, parce que selon certaines rumeurs avérées vous brûlez tous du désir intense de pouvoir enfin percer à jour ce mystère si unique et non moins si étrange de la divine Perle bleue… Ne vous éloignez donc pas trop… Tiens, pour ne pas oublier, collez un post-it sur votre ordi, car une épidémie d’alzheimer sévirait dans les parages, semble-t-il… Je voulais vérifier, mais ça m’est malheureusement sorti de l’esprit…

 

W2.

 

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