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Message du Gouddha inscrit dans le Journal de bord imaginaire de Xuyozi daté du 30 septembre -512 entre la naissance et la mort du Gouddha… Cet extrait est autorisé par la censure omniprésente depuis 1984…

[Mise au clair pour la section mâle de mes admirateurs.]

Non, le Gouddha n’est ni gay ni bisexuel ni animal oriented. Il est même asexué, sauf dans sa tête et sur Internet. Ceux qui penseraient, vu que le Gouddha aborde la question du sexe à l’occasion, pour votre édification et votre salut, qu’il est obsédé par la chose, qu’ils se détrompent et se rappellent que moi, le Gouddha, j’ai été abstinent pendant plus de quarante ans après mon Éveil, à enseigner inlassablement mes chers et mignons petits bhikkhous et sans jamais prendre le temps de tirer un petit coup (avec eux, du moins, dans ma tête…). Enfin, il faisait si chaud de toute façon que le Gouddha essayait, autant que faire se pouvait, d’éviter toute forme de chaleur et d’échauffement lubrique. Il n’y a que lorsqu’il passait devant le marchand de glaces, un si joli garçon, ma foi, qu’il voyait son état méditatif permanent se dégeler un peu. Autrement, non, le Gouddha fut toujours chaste, mais il est vrai qu’à l’occasion — seul péché mignon d’ailleurs qu’on lui ait connu —, quand il voyait une jolie brodeuse indienne à couettes qui sautait les clôtures à moutons dans son joli jupon de laine, qu’il, le Gouddha, songeait à aller se faire tondre lui aussi, car, en effet, et en vérité, je vous le dis, le Gouddha avait souvent les cheveux longs, n’ayant pas d’argent — il est si pauvre le pauvre Gouddha (vos dons* sont interdits bien que toujours les bienvenus) — qu’il songeait, disais-je, à aller se faire tondre lui aussi chez le coiffeur du coin à Pakilasavtou, sa ville d’adoption.

J’aimerais apporter une précision gouddhique, toutefois ; le Gouddha a peu de fantasmes, mais ce sont toujours de pieux fantasmes, nettoyés de toutes scories cochonnes à l’eau de Javel, car en effet, si j’en ai, je les adopte de mes chers petits ghikkhous mignons, que je prends sur moi pour leur salut gouddhique. Un de ces fantasmes concerne la fondue hollandaise ; en effet, car, en vérité je vous le dis, et croyez-moi ou non je m’en fous ! car en vérité quand de jolies poétesses (dont certaines prennent un petit coup, mais chut ! il ne faut pas le dire…) quand de jolies poétesses, dis-je, m’offrent une de leurs délicieuses fondues, je fonds littéralement dans leurs bras et, en vérité je vous le dis, la tentation est forte de les regarder nues dans toute leur splendeur poétique, mais je m’abstiens, théoriquement, et si je le fais quand même c’est par pure compassion en me conformant à leurs saintes injonctions qui m’empêchent de les toucher, car ce sont des voyeuses qui veulent en plus imposer leur vision à ceux ou celles qui les regardent dans le blanc des yeux ou qui scrutent la grotte mystérieuse qui bée au centre de leurs cuisses, au milieu vers le haut, généralement ; ces visionnaires à fondues, redis-je, ne pensent qu’à faire fondre leurs amants avant de les sacrifier aux flammes de leurs regards de saintes nitouches amoureuses en délire ! entre deux petits bouts de pain et trois gages… D’ailleurs, elles m’ont promis de se convertir à ma sainte doctrine gouddhique si je les laisse avaler mon ventre après une boustifaille de fondues… C’est leur fantasme à elles, qu’y puis-je, ô devas tantriques des enfers supérieurs ! avaler le ventre de leurs amants pendant qu’ils digèrent la fondue du dernier souper avec un autre Illuminé que tout le monde connaît, au moins de nom, car rares sont ceux qui l’ont rencontré en personne et qui sont autorisés à parler en son nom, que ce soit pour ne rien dire ou pour (con)damner tous ceux qu’ils jugent être de vils incroyants sans foi ni loi religieuse, i. e., la seule digne de ce nom, celle que… (désolé, un message de dernière minute de la censure *****ienne m’enjoint de fermer mon auguste gueule pour ne pas blesser les dieux envieux et jaloux présentement en fonction dans les parages… J’attends la fin de leur quart de travail pour leur asséner ma façon de penser…

Je réitère ici, en terminant, mon amoureuse compassion pour les infortunés disciples gay qui n’auront jamais la chance de coucher avec un authentique Éveillé gouddhique, en l’occurrence moi-même, éveillés qui sont d’ailleurs denrée rare par les temps qui courent… Ils peuvent toujours se venger de cette sainte et pieuse frustration en faisant la cour à d’autres Illuminés gay des diverses religions qui approuvent la noble fornication désintéressée et non rémunérée, si possible, à des fins hautement religieuses…

Méditons, ô mignons frisés ou à cheveux raides ou rasés, raides ou frisés, pour tous les chauves du monde qui n’ont rien pour réchauffer leur pauvre petite tête dégarnie.

(Ah oui, il faudra bien que je pense à régler ce joli coiffeur blondinet un de ces jours…)

  • Tous les dons seront consacrés à la réfection de notre dernier sanctuaire bancaire justement dédié à vos dons… Ça tombe bien, c’est un heureux hasard, et qui plus est, un saint hasard… Ah, comme le Bon Gouddha fait bien les choses !

X.

Je dis vague, donc je suis poète. ~Xuyozi

 

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