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[L’Homme accompli ne soupire plus
après l’Être, puisqu’il (l’)est toujours.]

Transcendant la pensée et tout bon sentiment,
L’Homme libre et ravi dans l’extase divine,
Prend son vol en esprit et son pressentiment
Lui ouvre le Mystère et partout le devine.

Son âme auréolée ne craint déjà plus rien,
S’éclairant à l’abri sous les rayons de l’Être ;
Quel que soit son combat, céleste ou bien terrien,
Elle gagne en vainqueur du faux et du paraître.

Ce qui vit ici-bas doit souffrir, et mourir,
Privé d’un vrai secours pour calmer son malaise,
Dans un monde indigent qui n’a guère à offrir
Au sage clairvoyant veillant sur la falaise.

La Femme veut l’amour et finir de frémir,
Quand l’Homme souffre seul dans la guerre et ses haines ;
Dans leur jardin secret, pour cesser de gémir,
Leurs cœurs en feu se nouent en dénouant leurs chaînes.

Quelle que soit leur vie et quel que soit leur sort,
Ils désirent tous deux l’ultime délivrance ;
Le salut n’est jamais de notre seul ressort,
Qui a cru le contraire allonge sa souffrance.

 

 

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