(sur les rimes du poème : Le Baiser)
Tu voudrais que mon cœur s’allume
Et tu rêves de m’embraser
Pour que mon âme se consume
À la flamme d’un chaud baiser.
Ton cœur est plus froid que tes lèvres
Alors, cesse enfin de poser
À l’infaillible experte en fièvres
Qui brûle l’amant d’un baiser.
Tu prétends que je suis ton homme
Ce faux amour va m’épuiser
Et je déteste qu’on me nomme
La proie facile d’un baiser.
Regarde, mon esprit s’amuse
À planer haut sans s’écraser
Il vole au loin et se refuse
À ton lourd et glacé baiser.
Mon cœur comme la cloche sonne
Plein d’extase sans se briser
Et c’est à Dieu que je me donne
Qui ne réclame aucun baiser.
Le Baiser
Comme une ville qui s’allume
Et que le vent achève d’embraser,
Tout mon cœur brûle et se consume,
J’ai soif, oh ! j’ai soif d’un baiser.
Baiser de la bouche et des lèvres
Où notre amour vient se poser,
Plein de délices et de fièvres,
Ah ! j’ai soif, j’ai soif d’un baiser !
Baiser multiplié que l’homme
Ne pourra jamais épuiser,
Ô toi, que tout mon être nomme,
J’ai soif, oui, j’ai soif d’un baiser.
Fruit doux où la lèvre s’amuse,
Beau fruit qui rit de s’écraser,
Qu’il se donne ou qu’il se refuse,
Je veux vivre pour ce baiser.
Baiser d’amour qui règne et sonne
Au cœur battant à se briser,
Qu’il se refuse ou qu’il se donne,
Je veux mourir de ce baiser.
Germain Nouveau, Valentines, 1885
Note : il semble qu’il y ait faute
au vers « Et que le vent achève
d’embraser », qui est un décasyllabe
quand tous les autres vers sont des
octosyllabes.