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Un bien drôle d’oiseau, ce poète anonyme,
Qui va partout sans but, mais très conscient de tout,
Il garde l’œil ouvert, de Zanzibar à Chime,
Et sait peser le bien, comme le mal itou.

Rien n’échappe à sa vue, c’est un extra-lucide,
Il en voit beaucoup trop, c’est bien là son karma ;
Contemplant le chaos de son regard placide,
Et goûtant la beauté, qui seule le charma.

Il voudrait échanger avec l’Homme son frère,
Mais hélas, prisonnier d’un esprit trop enclos,
Comme d’un cœur entier et d’une âme sincère,
Il craint la compagnie et quitte peu son clos.

Un jour prochain, qui sait, s’il peut s’ouvrir aux autres,
Et les estimer bien, il pourra les aimer,
Cherchant à partager, comme font les apôtres,
Un amour, même gourd, qu’il se plaît à rimer.

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